Avant 1640 / Before 1640

Le Perche a donné pas moins de 230 émigrants à la Nouvelle-France. On compte, aujourd'hui, autour de deux millions de descendants d'origine percheronne en Amérique du Nord.

Sur l'échiquier politique français, la petite province du Perche a peu compté au regard de ses puissantes voisines : la Normandie, l'Ile-de-France ou le Maine. La présence séculaire de la forêt l'a souvent transformée en enjeu territorial décisif lors des luttes qui ont opposé, au Moyen Age, les grands vassaux du roi de France ou du roi d'Angleterre. La création du comté du Perche définit pourtant un territoire original à forte identité. Les habitants de la contrée, qui furent de solides défricheurs lors de l'expansion démographique des XIIe et XIIIe siècles, sont connus pour être à la fois ardents à l'ouvrage mais aussi assez distants avec les systèmes. A ce titre, il y a une identité percheronne, une « âme » qui peut expliquer que certains d'entre eux, aspirant à un mieux-être, aient été séduits, au XVIIe siècle, par l'aventure en Nouvelle-France.

Si l'apport du Perche au peuplement du Canada -- environ 5% des migrants français -- peut paraître modeste, il faut souligner que l'émigration percheronne, la plus ancienne, se caractérise par une remarquable prolificité », écrit Françoise Montagne. Le mouvement, lancé à partir de 1634 grâce au pouvoir de conviction de Robert Giffard, représente il est vrai, dans le courant général de l’émigration française en Nouvelle-France, une certaine originalité. Il ne doit pas être attribué à la misère, mais plutôt à l’esprit d’aventure et d’entreprise. 321 émigrants vont ainsi entreprendre le grand voyage. Quelques-uns vont revenir au pays. Mais la grande majorité, malgré la menace iroquoise, choisit de s’établir sur les rives du Saint-Laurent pour y défricher et faire prospérer les terres nouvelles. 193 d’entre eux ont fait souche par une descendance, ou ont joué un rôle déterminant dans l’histoire du pays, ou ont laissé leur vie dans les guerres du XVIIe siècle. Leur descendance patronymique est aujourd’hui estimée à plusieurs millions de personnes au Canada et en incluant un important essaimage dans toute l’Amérique du Nord.

Les Gagnon, comme les Tremblay, viennent de cette région de l'ouest du Bassin parisien. Les deux familles ont en commun d'avoir été remarquablement prolifiques.

L'arbre généalogique des Tremblay a un tronc unique : Pierre Tremblay. Les Gagnon, eux, n'ont pas pris de chance. Ils se sont mis à quatre, trois frères et un cousin, pour assurer leur descendance dans le Nouveau Monde. Mathurin, Jean et Pierre Gagnon ont été parmi les principaux pionniers de Château-Richer, sur la côte de Beaupré. Leur cousin Robert, arrivé quelques années plus tard, a fait sa large part pour le peuplement de l'île d'Orléans, à partir de la paroisse de Sainte-Famille.

Les trois frères Gagnon sont nés sur une ferme dans un petit village appelé La Gagnonnière, dans la forêt du Perche, entre Tourouvre et Ventrouze. Leur père, Pierre Gagnon, était propriétaire de sa terre. Avec sa femme, Renée Roger, ils possédaient en outre une auberge au même endroit, selon le généalogiste Gérard Lebel. Le couple s'était marié en 1597. Ils eurent sept enfants.

Six Gagnon migreront du Perche vers la Nouvelle-France au XVIIe siècle. Marguerite, Mathurin, Jean et Pierre, tous les quatre enfants de Pierre Gagnon et de Renée Roger, rejoindront le Québec vers 1640 avec leur mère. Pierre Gagnon père, laboureur, n'ira pas au Québec. A l'exception de Pierre qui a été baptisé à La Ventrouze, les autres enfants Gagnon émigrants sont baptisés en l'église Saint-Aubin de Tourouvre.

Marthe Gagnon, fille naturelle de Mathurin Gagnon et de Vincente Gaulthier, partira de la Ventrouze vers 1643 pour la Nouvelle-France, avec son père venu la chercher.

Robert Gagnon, originaire de La Ventrouze et fils de Jean Gagnon et de Marie Geffroy, vraisemblablement cousin des quatre premiers, partira plus tard vers 1655 fonder la seconde branche de la famille Gagnon au Québec.

(Source : Les textes et les images proviennent du magazine « La Gagnonnière »)

The Perche gave no less than 230 emigrants to New France. Today, there are about two million descendants of Percheron origin in North America.

On the French political scene, the small province of Le Perche has not been very important compared to its powerful neighbours: Normandy, Ile-de-France or Maine. The age-old presence of the forest has often transformed it into a decisive territorial issue during the struggles between the great vassals of the King of France or the King of England in the Middle Ages. The creation of the county of Le Perche, however, defined an original territory with a strong identity. The inhabitants of the region, who were solid pioneers during the demographic expansion of the 12th and 13th centuries, are known to be both ardent at work but also quite distant from the systems. As such, there is a Percheron identity, a "soul" that can explain why some of them, aspiring to a better life, were seduced, in the 17th century, by the adventure in the Nouvelle-France.

If the contribution of Perche to Canada's population -- about 5% of French migrants -- may seem modest, it should be noted that Perche emigration, the oldest, is characterized by remarkable prolificity," writes Françoise Montagne. The movement, launched in 1634 thanks to Robert Giffard's power of conviction, does indeed represent a certain originality in the general trend of French emigration to Nouvelle-France. It should not be attributed to poverty, but rather to a spirit of adventure and enterprise. 321 emigrants will thus undertake the great journey. A few of them will return home. But the vast majority, despite the Iroquois threat, chose to settle on the shores of the St. Lawrence to clear the land and make new lands prosper. 193 of them were raised by descendants, or played a decisive role in the country's history, or lost their lives in the wars of the 17th century. Their patronymic descent is now estimated at several million people in Canada and includes a large swarm throughout North America.

The Gagnon, like the Tremblays, come from this region of the western Paris Basin. Both families have in common that they have been remarkably prolific.

The Tremblay family tree has a unique trunk: Pierre Tremblay. The Gagnon didn't take a chance. They put themselves together with four, three brothers and a cousin, to ensure their descendants in the New World. Mathurin, Jean and Pierre Gagnon were among the main pioneers of Château-Richer on the Côte de Beaupre. Their cousin Robert, who arrived a few years later, did his large part for the settlement of Île d'Orléans, from the parish of Sainte-Famille.

The three Gagnon brothers were born on a farm in a small village called La Gagnonniere, in the Perche forest, between Tourouvre and Ventrouze. Their father, Pierre Gagnon, owned his land. With his wife, Renee Roger, they also owned an inn in the same place, according to genealogist Gérard Lebel. The couple had married in 1597. They had seven children.

Six Gagnon migrated from Perche to New France in the 17th century. Marguerite, Mathurin, Jean and Pierre, all four children of Pierre Gagnon and Renée Roger, will join Quebec around 1640 with their mother. Pierre Gagnon father, a ploughman, will not go to Quebec. With the exception of Pierre who was baptized in La Ventrouze, the other Gagnon emigrant children are baptized in the Saint-Aubin de Tourouvre church.

Marthe Gagnon, the natural daughter of Mathurin Gagnon and Vincente Gaulthier, left the Ventrouze around 1643 for New France, with her father who came to pick her up.

Robert Gagnon, originally from La Ventrouze and son of Jean Gagnon and Marie Geffroy, probably a cousin of the first four, would later leave around 1655 to found the second branch of the Gagnon family in Quebec.

(Source: Texts and images from "La Gagnonniere" magazine)


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